Neyran : bilan de 5 ans de fouilles

Publié le 14 Octobre 2013

Neyran : bilan de 5 ans de fouilles

Samedi 12 octobre, les archéologues Isabelle Commandré et Franck Martin, qui ont conduit les fouilles du castrum de Neyran de 2005 à 2013, ont présenté à une soixantaine de personnes le bilan de leurs recherches et, plus particulièrement, celles du dernier été.

Selon eux, la construction du castrum - village fortifié - a été réfléchie : autour d'un noyau primitif sur le point le plus haut (qui comprenait une tour aujourd'hui disparue et la aula, c'est-à-dire la demeure seigneuriale) les bâtisseurs ont creusé la roche pour aménager 5 niveaux d'habitations, citernes et endroits pour des animaux. La pierre qu'ils extrayait servait alors à bâtir des murs. Ainsi, Neyran est un castrum "incrusté" dans le rocher.

La première mention connue de ce site fortifié appartenant à la famille de Neyran date de 1082. Pourtant, l'analyse de restes alimentaires et de fumure dans d'anciennes étables laisse penser que l'endroit était occupé depuis au moins un siècle. Qui étaient ses occupants ? les seigneurs formant une noblesse rurale qui disposaient de moyens relativement conséquents (en témoignent le mobilier et les vestiges alimentaires retrouvés et analysés) et qui gouvernaient la paysannerie locale. Celle-ci cultivait les meilleures terres, près de la rivière la Mare, et rentrait en fin de journée dans ce village qui leur offrait la sécurité. A l'origine, le castrum avait une fonction défensive et militaire, puis les bâtiments ont vraisemblablement pris une fonction plus agricole.

Les fouilles de cette année se sont concentrées sur le secteur nord (au-dessus de la route de Mècle). Elles ont révélé de nouvelles habitations et ont confirmé ce que les archéologues supposaient : sous la pression démographique aux XII-XIIIe siècle, des maisons ont été construites sur les pentes parfois abruptes, hors des remparts dont la trace exacte est difficile à déterminer. La superficie du castrum était donc assez étendue (pour une population qu'il est aujourd'hui impossible de chiffrer précisément) et il reste encore beaucoup à découvrir.

En effet, deux raisons motivent l'arrêt définitif l'an prochain des recherches par l'équipe du GRAL (Isabelle Cammandré et Franck Martin) : la fin des subventions publiques et l'obligation scientifique de laisser une "réserve archéologiques" pour les chercheurs du futur qui disposeront de techniques permettant d'encore mieux percer les mystères d'un tel site.

On a pu avoir déjà un aperçu de l'apport des nouvelles technologies avec la présentation en trois dimensions de certaines parties du site, réalisée par Patrice Cervellin à l'aide du logiciel Photoscan. Ces nouvelles représentations numériques offrent une vision nouvelle du castrum, dont certaines parties, rappelons-le, sont difficilement accessibles ou ont été recouvertes par les archéologues pour être préservées et faciliter la circulation. Ainsi, le projet des archéologues est de réaliser une restitution en 3D de l'ensemble du site.

D'ici-là, vous pourrez découvrir ou revoir ce site (on ne s'en lasse pas) grâce aux visites guidées organisées par la Maison cévenole.

Rédigé par lamaisoncevenole

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