Publié le 29 Juillet 2012

Bernard Léchelon, archéologue au CNRS et spécialiste des mines antriques de la région, nous fait parvenir cette communication au sujet de la mine de Cénomes (Aveyron), qu'il se propose de faire visiter sur rendez-vous ou au cours des prochaines Journées européennes du Pätrimoine (16/09).

 

Un patrimoine caché : la mine d’argent romaine de Cénomes

 

Derrière une banale porte en bois au pied d’un bâtiment abandonné du village de Cénomes (commune de Montagnol) en Aveyron, un couloir taillé dans la roche s’enfonce sous la colline boisée. C’est un travers banc, la sortie d’une mine de cuivre argentifère. Cette mine de Cénomes, que l'on peut encore parcourir sur près d’un kilomètre et plusieurs niveaux, est demeurée miraculeusement intacte après que les gallo-romains cessèrent d’y travailler dans les premières années de notre ère. Aujourd'hui, les marques de coups de pic et de pointerolle sur les parois témoignent du labeur et de la peine des hommes.
C’est là, en pays rutène, que Rome va trouver une solution à un problème soudain d’approvisionnement en argent. En effet, au début des années 70 avant notre ère, la sécession du général Sertorius provoque l'interruption de toute importation de métaux précieux en provenance d’Hispanie. Pompée et ses légions sont envoyés par le Sénat romain pour mater la rébellion. Fontéius, gouverneur de la Transalpine, est chargé d’encourager la venue d’entrepreneurs italiens pour l'exploitation intensive du minerai gaulois aux confins de la province, car il faut financer l’effort de guerre en Espagne. La production des districts miniers rutènes aurait donc été la source principale de l’aerarium Rutenorum, évoqué, en 69 avant notre ère, par Cicéron dans son plaidoyer pour Fonteius, lorsqu’il s’indignait de “cette accusation qui est plus attentive au trésor des Rutènes qu’à celui du peuple romain” , lors du procès engagé à Rome par les chefs rutènes pour protester contre les exactions du gouverneur.
Les nombreux vestiges miniers de la bordure méridionale du Massif Central, et en particulier ceux de Cénomes, attestent la réalité de cette opération coloniale, exécutée au détriment de la population indigène. Elle va s’interrompre dans les années 30 de notre ère.
Le désengagement de la « societas des mines d’argent du pays rutène », entreprise identifiée grâce aux fouilles menées par Robert Gourdiole et Christian Landes sur le site d’habitat tout proche de Lascours (commune de Ceilhes, Hérault), semble résulter de la concurrence de la production des mines d’argent situées dans d’autres parties de l’empire romain. Cependant, l'arrêt de l’exploitation est peut-être aussi lié à une décision de l’empereur Tibère, qui, à la même époque, selon Suétone, confisque à son profit les biens, mines comprises, des plus hauts personnages des Gaules. Cette chronologie est confirmée par les données archéologiques recueillies à l’intérieur des mines de Cénomes et des alentours.
Les gîtes métallifères de la région étaient pourtant loin d’être épuisés. Ils vont assurer la prospérité des cisterciens de Silvanès, qui s'imposeront parmi les principaux producteurs d’argent du Midi de la France au cours du XIIe siècle.

 

Pour en savoir plus :
Robert Gourdiole et Christian Landes, “Passions métalliques sur les Monts d’Orb”, Bulletin de la Société d’archéologie et d’histoire des Hauts Cantons de l’Hérault, n° 21, 1998, pp. 33-50.
Bernard Léchelon, « Argent rutène et entrepreneurs romains aux confins de la Transalpine », dans Les Rutènes, revue Aquitania, Supplément n° 25, 2011, pp. 245-279.

 

JOURNEES EUROPEENNES DU PATRIMOINE
Ouverture exceptionnelle le dimanche 16 septembre 2012, de 9h à 18h
Adresse : D52, à la sortie sud-ouest de Cénomes (Aveyron) - suivre le fléchage.
La visite guidée d'une durée de 30 minutes environ, se fait par groupe de 6 personnes (maximum). Le parcours horizontal ne présente aucune difficulté. Prévoir un vêtement chaud (température de 12° à l'intérieur de la mine) et des
chaussures de marche. L'éclairage électrique est fourni.
Visite possible le samedi 15 septembre avec réservation préalable par téléphone au 06.08.58.61.81 ou par courriel à bernardlechelon@wanadoo.fr

 

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Rédigé par lamaisoncevenole

Publié le 28 Juillet 2012

Pour le souvenir de ceux qui sont venus et pour les autres qui se rattraperont sûrement l'an prochain, voici quelques photos de la Fête des Vieux Métiers du 8 juillet...

 

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Les traditionnelles démonstrations de fabrications de clous, cercles, tuteurs

 

 

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La journée était animée par le blues band de Simon Fletcher

 

 

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Une trentaine d'exposants, pour tous les goûts...

 

 

 

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Sous un temps clément, une journée passée dans la bonne humeur

 

 

 

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Le vide-grenier a aussi connu un franc succès.

 

 

A l'année prochaine !

 

Rédigé par lamaisoncevenole

Publié le 27 Juillet 2012

Le café Mounis, ce haut lieu de l'histoire minière des hauts-cantons ( Jean Jaurès vint y soutenir la grève des mineurs de 1894) abrite depuis le début du mois et jusqu'au 29 une exposition sur les bâtiments des ateliers de la mine à Graissessac.

C'est la raison pour laquelle la Maison cévenole des Arts et traditions populaires avait proposé à Georges Pile de nous faire partager le résultat de ses dernières recherches sur notre bassin minier.

 

Le rendez-vous était jeudi 26 juillet. On remarquait dans l'assistance, M. Andorra maire-adjoint de Graissessac, M.Favard secrétaire de la Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l'Hérault et divers membres de cette association, des adhérents de la Maison Cévenole et des habitants de Graissessac, M. Léchelon, chercheur au C.N.R.S. et spécialiste des mines. M.Jean-Luc Falip, président de la communauté de communes des Monts d'orb et conseiller général, ainsi que M. Crépel auteur d'une étude très complète sur notre bassin houiller s'étaient fait excuser.

 

Georges Pile nous exposa les origines lointaines de l'exploitation, la petite métallurgie locale et les paysans-mineurs, la création des concessions royales, le rôle des commanditaires propriétaires, l'arrivée du chemin de fer à Estréchoux, l'apport de la main-d'oeuvre étrangère, des installations à la pointe du progrès......

 

Après la conférence de nombreuses questions: quelques compléments d'information, et quelques échanges.

 

Merci Georges! Nous espérons que tu pourras à nouveau nous consacrer un peu de ton temps pour continuer à nous  faire partager ta connaissance de notre patrimoine.

 

En attendant, l'exposition est toujours à la disposition de tous: elle sera transférée à la Maison Cévenole de Saint-Gervais à partir du 2 août.et jusqu'au 9 septembre  Ouverture tous les jours de 10h à 12h et de 15h à 19h .

Rédigé par lamaisoncevenole

Publié le 3 Juillet 2012

Aujourd’hui lorsqu’on arrive à Graissessac par la D 23, en venant de St Etienne-Estrechoux, trois bâtiments imposants nous accueillent à l’entrée du village sur la droite de la route : une grande halle en cours de réhabilitation, une cheminée de briques isolée et un bâtiment quadrangulaire flanqué d’une sorte de tour et dont le haut des murs est crénelé.De quel passé témoignent ces bâtiments remarquables ? celui d’un petit bassin houiller qui fut particulièrement prospère entre 1850 et 1950.

L'histoire de ces bâtiments est retracée dans une exposition qui se tiendra au café Mounis à Graissessac du 7 au 29 juillet, du mercredi au dimanche de 9h à 12h et de 16h à 18h. Le vernissage aura lieu le samedi 7 juillet à 11h.


Rédigé par lamaisoncevenole

Publié le 3 Juillet 2012

Diimanche 8 juillet à 11h à la Maison cévenole aura lieu le vernissage de l'exposition de Bernard Armand et Ariane Sirota. Entrée libre. Jusqu'au 29 juillet.

 

Bernard Armand est issu d’une longue génération de charrons aveyronnais. Né en 1949, il apprend le métier de ses ancêtres mais exerce comme carrossier, modernisation des transports oblige !

A la veille de la retraite, il crée un héron à partir de d’outils de jardinier récupérés. Cette œuvre le lance dans la création d’oiseaux d’abord puis aujourd’hui de bateaux, de personnages…

Vieux outils, pièces métalliques des machines agricoles servent de support à son imagination.

 

bateau asiatique

 

Ariane Sirota naît en 1981 en banlieue parisienne. Grandissant dans la petite couronne et les milieux d’éducation populaire, elle a accès à des activités plastiques dès le plus jeune âge… Les heureux hasards des rencontres, la mèneront à une école de bijouterie dont elle retient les cours de « recherche et création »….

Elle s’exprime sous différentes formes telles la peinture, l’écriture, la sculpture mais aussi sur les ondes de radios associatives (radio Pays d’Hérault - Divergence FM).

Son blog : artiane.wordpress.com

 

Grille verts

Rédigé par lamaisoncevenole