Balade dans Saint-Gervais

Publié le 21 Avril 2012

Depuis plus de douze siècles, Compostelle est un lieu de pèlerinage. On dit que tous les chemins mènent à Rome, mais de nombreux sentiers mènent à Compostelle ; c’est le « chemin d’Arles » qui passe par Saint-Gervais, venant de Lunas et allant vers Murat. Partis de Joncels ou de Lunas, les pèlerins arrivent fourbus à Saint-Gervais après une étape longue et difficile, mais ô combien magnifique ! Du départ à l’arrivée, c’est un peu le désert, non pas que l’environnement  y soit comparable, mais ils n’y rencontreront aucune âme, aucun commerce, aucun point d’eau… Saint-Gervais sera pour eux la dernière étape méditerranéenne, car dès Murat ils changeront à la fois de département, de région, et de climat où réapparaîtront alors les vaches, les pâturages, les grands espaces. Ici, ils auront peut-être eu la chance de rencontrer quelques mouflons, réintroduits pour la première fois  en 1956 et dont on trouve plus de mille bêtes dans la célèbre réserve naturelle du Caroux-Espinouse.

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Arrivés au sommet de la crête, surplombant le village, ils ne manqueront pas de faire le détour par les ruines de Neyran, vestiges qui veillent sur Saint-Gervais depuis plus de mille ans. Des associations locales ont décidé il y a quelques années de porter à son castrum une attention particulière, en débroussaillant régulièrement les lieux, et en faisant entreprendre des chantiers de fouilles.

Achevée la descente, les pèlerins enjamberont alors la rivière de la Mare par le petit pont en pierres du XIIIème siècle, qui fait face à une belle demeure, dans l’allée de Notre-Dame-de-Lorette, jolie petite chapelle qui fait l’objet d’un pèlerinage annuel.

Le village est accueillant. Vieilles pierres, vieux murets entourant les jardins y sont foison. Ses habitants y engagent facilement la conversation, donnent de nombreuses indications et informations, mènent parfois même les pèlerins jusqu’à leur gîte. Gîte d’étape communal ou chambres d’hôtes, le repos est assuré. Et, après une bonne douche, c’est la visite du village qui s’impose.

   Pour la prière, ou la visite touristique, ils auront le choix : Saint-Gervais possède plusieurs églises et chapelles : la chapelle Notre-Dame, devant laquelle ils sont déjà passés ; l’église paroissiale, détruitpiochnuit.JPGe et reconstruite à plusieurs reprises, faite declocherr.JPG grès et de schiste, à l’intérieur de  laquelle se trouve l’orgue tout fraîchement rénové ; et la chapelle des Pénitents Blancs, baroque, qui abrite la célèbre crèche animée qui fait tant parler d’elle chaque année. Trois églises disons-nous, mais aussi trois cimetières ; c’est qu’on ne se mélange pas à Saint-Gervais, à chacun son quartier : rive droite ou rive gauche du Casselouvres, « quartier d’en-haut » ou « quartier d’en bas » ! Mais les rivalités font depuis longtemps partie… du passé. Si vous avez de la chance, vous rencontrerez quelque habitant bien inspiré décidé à vous conter l’histoire des lieux… à moins qu’il ne vous prenne en sympathie et vous invente des histoires ; ainsi naissent les légendes ! 

On vous parlera des vieux métiers, car Saint-Gervais était autrefois le pays des cercliers, des cl outiers, des tonneliers, tous aujourd’hui disparus ; on vous contera l’histoire de la châtaigne bien sûr… Quant à celle des champignons, c’est pire qu’un secret d’Etat: s’il y a des choses qui se disent, d’autres ne se racontent pas, et surtout pas les lieux où l’on découvre chaque année les cèpes, bolets, trompettes de la mort et autres « coamels » dont le secret est jalousement gardé, on n’insistera donc pas. Dans le haut du village, on grimpera vers le quartier du Pioch, à travers les ruelles pavées, levant la tête vers les statuettes de piermusee-2012.JPGre, les vierges, les croix, et l’on poursuivra la balade par le coup d’œil dans le magnifique parc d’hortensias du domain e de la Pièce avant de terminer par la visite incontournable de la maison cévenole qui est à la fois le musée, l’office de tourisme, le lieu d’expositions, et l’endroit où l’on trouve livres, documents et produits du terroir.

Bref, Saint-Gervais, village étape sur le Chemin, laissera un agréable souvenir à tous les gens de passage ; il n’y a qu’à voir les nombreux « livres d’or’ » des structures d’accueil pour s’émerveiller du contentement des visiteurs.  Ceci augure un développement tant espéré et est un bel encouragement pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour sortir le pays d’un immobilisme forcé, conséquence de la fermeture des mines d’un passé bien révolu.

  Texte et Photos : Bruno Bousquet

Rédigé par lamaisoncevenole

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